SUR LE GR 10

2010 LESCUN - ARRENS

DEBUT JUILLET 2010

Nous préparons notre prochain départ, mais pour une fois, à deux.
J'ai un pincement au coeur de ne pas partir en famille comme les deux autres années, mais hélas ayant avancé la date de départ, les jeunes ne peuvent se soustraire à leurs obligations.

Nous y trouvons tout de même un avantage, pas besoin de courir derrière Morgan, pas besoin de faire le gendarme entre les trois loustics.
Nous avançons à notre rythme et finalement nous ne perdons pas de temps. Certes nous marchons plus longtemps car Gérard ne me spide pas, me laisse prendre des photos, faire de fréquentes pauses, mais nous arrivons tout de même à nos lieux de repos mérités en temps et en heures sans stress.

1er jour : samedi 10 juillet                                                                               

Comme d'habitude, debout de bonne heure pour rejoindre Aureilhan. Nous prenons les chocolatines au passage à Rabastens en Bigorre pour un petit dèj avec notre grande fille.

Adrien et Morgan sont restés avec Mamie et Papi pour s'occuper des animaux.
Virginie nous emmène à Lescun pour reprendre notre aventure là où nous l'avons arrété un an plus tôt.

Dernière mise au point sur les conditions de retour, des gros bisous, sac à dos en place, chaussures aux pieds, il est 8 heures quand nous nous séparons.


Un dernier petit adieu au restau sur la place avant de s'élancer dans une ruelle qui descend vers notre nouvelle aventure.
Tout d'abord de la route mais rien de difficile, juste quelques problèmes avec les Taons, satanées vermines qui nous piques et piques, pas possible de s'arreter une minute sans être un aéroport à bestioles.
Eau, vaches, moutons, nous incriminons tout ce que nous croisons, d'être la cause de ces attaques.
A voir pour le croire. J'ai les jambes dans un état car en plus je fais une allergie à leurs morsures.

Nous arrivons au plateau sans problèmes, ni fatigue, mais voilà qu'après quelques mètres sur la route, nous nous attaquons une grande grimpette qui me scie les jambes, mais toujours attaqués, je suis obligée de prendre sur moi, de me faire souffrance pour ne pas m'arréter.

Enfin midi, chouette, nous sommes au col de Barrancq et sans bébettes. Repas, petite sieste et hop nous redescendons vers Borce. Nous marchons dans les gentianes, que c'est beau !!

Nous faisons la connaissance de Chantal, une grdiste qui a pris connaissance de ce site pour une aide sur le GR10, (et qui d'ailleur nous a dépassé avec son époux Christian). "Un petit coucou au passage".

Arrivée à Borce, magnifique village typique, remplissage des bouteilles à la fontaine, réappro au café, gîte, épicerie, un brin de causette avec les gens du coin et vacanciers très sympas qui nous indiquent un camping gratuit au dessus de la mairie et au dessous du parc animalier.
Un mignon petit endroit, un peu en pente mais qui convient parfaitement à notre attente pour une première nuit.
Un ruisseau nous permet de nous laver, GLAGLA pas chaud du tout.
Nous avons des voisins de tente, Françoise et Patrick, eux aussi évoluent sur le GR10. Ils sont des Deux-Sèvres.
Repas : paté, nouilles chinoises, fruit et dodo.


2eme Jour : dimanche 11 juillet 2010                                                                    

Dans la nuit, deux jeunes hommes ont rejoint le campement et on planté leur tente à côté. Bien fatiguée, je n'ai rien entendu.
Aussi, c'est donc à 6 que nous quittons le camping le lendemain matin.


Les deux jeunes avancent vite et prennent la direction d'ESTAUT, quand à nous 4, Françoise, Patrick, Gégé et Moi nous décidons de prendre la direction de droite qui passe devant le restau et descend par la route qui rejoint la départementale du col du Somport, nous sommes dans la vallée d'Aspe.


Via le chemin de la mature. Et bien bingo ! nous arrivons les premiers car notre ittinéraire est plus court que celui de gauche qui mène à ESTAUT et qui est préconisé sur le topo guide.
Pas pour longtemps ! nous avançons et comme toujours, moi lentement, aussi nous nous laissons distancer alors que nous entamons l'endroit que j'ai tant espéré de franchir, ce chemin de la Mature, je l'ai révé, j'en ai eu peur car il me semblait vertigineux, et finalement maintenant que j'y suis, je n'en ai plus aussi peur grace à la végétation qui longe la bordure et qui me permet de ne pas voir le vide vertigineux derrière.
Un coucou au fort du Pourtalet, lieu ou Pétain a été emprisonné dans l'attente de son procés.

Magnifique et grandiose, aussi bien pour cette fortification magestueuse que pour cette entaille faite dans la roche pour passer les mâts des bateaux et qui aujourd'hui est foulée par un grand nombre de GRdistes et randonneurs.

Nous montons, je prends des photos, nous discutons, nous sommes fiers de vivre ces instants de passions, qui sont pour certains membres de nos familles des instants perdus dans l'incompréhension.

Une clairière, un chemin dans les fougères, dans la boue, large, étroit, en plein soleil ou ombragé, nous mène à une cabane d'ou nous prenons un temps de pause pour un repas mérité. Nous croisons et recroisons un jeune couple avec un âne, que nous ne perdons pas de vue dans les patures à vaches, au sommet du col, jusqu'au refuge du lac d'Ayous, lieu de notre deuxième bivouac.

Nous sommes émerveillés par autant de beauté qui s'offre à nos yeux après tant d'efforts. Ca se mérite mais nous sommes toujours récompensés à hauteur de nos espérances.

Nous trouvons un ruisselet qui alimente le lac pour planter la tente et faire un brin de toilette. Notre but étant de vivre le plus proche de la nature, et là je peux vous dire que quand il s'agit de faire sa toilette à près de 2000 m altitude, on vit notre but pleinement en serrant les dents.

3eme jour : lundi 12 juillet                                                                          

Nous ne voulons pas râter le levé du jour sur le pic du midi d'Ossau, aussi, après quelques heures de sommeil réparateur, nous veillons dans l'entre-baillure de fermeture le moment ou la lueur du jour apparait dans la vallée donnant l'impression d'une petite veilleuse d'enfant qui grandit et monte vers nous.

Il n'y a pas de mot pour dire comme c'est beau, le pic du midi se reflète dans le lac et en un claquement de doigt, une journée magnifique nous attend, les premiers rayons de soleil viennent réchauffer le dessus de la tente que nous ne tardons pas à plier sans humidité.

Un ravitaillement en eau et nous reprennons notre aventure avec une descente facile et agréable.

Une toile de tente est encerclée par les vaches, les occupants n'osent pas sortir.

Non loin de là, une jeune vache, sans raison apparente, me fonce dessus, je crie et j'agite les batons, Gérard en fait de même ! ouf !! elle s'arrete à quelques mètres de nous mais nous ne languissons pas sur place avant que la belle reprenne sa course effreinée sur nous.

Nous arrivons au lac de Bious Artigues, un lac artificiel qui ne nous donne pas l'impression que ses digues soient entretenues, de grandes fissures causées par le gel laissent apparaitre le fer du beton armé. Je ne serais pas en sécurité si je vivais dans le village dessous "Gabas". Nous devons suivre la route pour nous y rendre "berk", heureusement qu'il y a une transumance de moutons qui nous permet d'oublier le bitume pendant les quelques minutes d'attente pour une prise de photos.

Il fait chaud et nous devons nous ravitailler en pain, nous avons une grande envie de crudité, aussi nous nous arrétons au premier restaurant, assez typique mais dont les tenanciers sont très sympas, pour manger une bonne et grosse assiette de betteraves rouges, carottes, haricots verts et tomates. Bon sang, jamais je n'avais autant apprécié les légumes et pareil pour Gégé. A 3,5 euros l'assiette on n'allait pas se priver. Achat d'une belle part de fromage de l'Ossau, ça va de soit, et deux tranches de jambon de pays et hops nous voilà repartis. Un petit arret pour de l'eau et du pain au refuge Caf en remontant vers le Gr10 que nous avons délaissé pour aller au village.

Après quelques minutes de route, nous trouvons la biffurcation, nous passons devant la centrale hydro-electrique d'Artouste et nous nous enfonçons dans un sous bois humide. Je ne peux m'empêcher de manger des fraises sauvages pour mon dessert.

Nous croisons un couple de retraité très sympas avec dans une poche quelques cèpes, Gérard regrette de ne pas avoir oser leur en demander deux pour notre repas du soir, aussi il scrupte le sous bois mais celui ci est trop en pente alors je ne tiens pas à ce qu'il en trouve.

Nous arrivons à la corniche des Alhas, sa main courante en gros cable, ne me rassure pas trop. Au fil des pas, je n'ai plus peur, la végétation dense permet de ne pas voir le vide. Le ruisseau un peu plus bas me soule par le fracassement de l'eau sur les rochers, il s'agit de la gorge du Soussouéou. J'avance rapidement sur le sentier taillé dans la falaise granitique, car même si je n'ai pas peur, je ne souhaite pas camper sur place et me sens tout de même plus rassuré sur un grand chemin plat, car ce passage est tout de même indiqué comme vertigineux voire dangereux.

Je ne manque pas d'apprécier l'ombre en cette journée de grosse chaleur, nous sommes bien. Il n'y a pas grand monde, ni qui nous croise, ni qui nous double, aussi quand cela arrive, je tape la causette au grand dam de Gégé, qui dit que je trouve toujours une excuse pour m'arreter (pas faux d'ailleur).

Aussi, après avoir croisé les seuls personnes dans notre ascension des rochers qui nous amènent logiquement au col de la Hourquette d'Arre, nous décidons sur leurs dirent de biffurquer vers le plateau de Soussouéou. Nous prenons donc le chemin interdit par une croix pour passer une nuit paisible dans un lieu enchanté mais désiré car il n'est pas des plus prés.

Le GR10, monte encore vers les cabanes de Cézy et domine la plaine, par contre peu d'endroit pour le bivouac et pas de point d'eau.

4eme jour : 13 juillet

Nous avons passé une nouvelle bonne nuit.

A deux sous une toile de tente pour 3 c'est le top. Nous en profitons pour ranger les sacs avec nous cela permet de garder les affaires à l'abri de l'humidité.

Et comme un rituel perpétuel, petit déj, pliage de la toile de tente, remplissage des bouteilles au robinet de la cabane des pécheurs en fond du plateau près de notre campement.

Attention de ne pas s'aventurer entre les vaches et le groupe de veaux si l'on ne veut pas être chargé. Nous faisons un grand tour pour rejoindre une sente vaseuse qui grimpe fort.

1 heure plus tard nous sommes de retour sur le GR via le col de la Hourquette d'Arre perché à 2465 m, il est le plus haut col depuis notre départ d'Hendaye mais n'est classé que deuxième sur toute la longueur de notre sentier pyrénéen jusqu'à Banyuls.

Certains endroits me semblent plus dangereux que la Mature ou la Corniche.

Après les patures, voilà tout ce que j'aime, névés et éboulis (enfin pour rire seulement). Maintenant que je suis là, je ne vais pas faire demi-tour, alors en avant !

J'ai froid et je sue avec une impression de faim et d'envie de vomir, alors je souffle, je me parle et je peste jusqu'au sommet pour me donner la force nécessaire pour affronter ma peur et mon vieux démont : le vertige.

Ma vieille expérience lors de l'ascension du Grand Barbat me ronge, ma glissade dans les éboulis et cette peur de mourir écrasée, me reste en mémoire et me perturbe à chaque fois que je vois ces petits morceaux de roches instables.

Enfin voilà le bout de mon calvaire, éreinté et à bout de nerf, je laisse ma peur s'évacuer par de gros sanglots.

Une pause s'impose !

En haut, j'ai tout de même une grande joie de découvrir l'autre côté de la muraille, des lacs, des sommets tous les uns plus haut que les autres disposés en dent de scie. On essai de leur attribuer leur nom, (pas sure que tout soit juste).

Descente vers le lac puis via Gourette.

Quatre dames descendent avec nous sur une partie du sentier très fréquenté, puis nous sèment.

A notre arrivée sur le premier parking de la station de Gourette, ces mêmes dames nous invitent à partager un succulent gâteau au citron fait maison.

Avec Gégé, nous apprécions ces petites attentions, ces échanges sans conditions et d'une simplicité qui vous réchauffe le coeur. Il n'y a pas que des sauvages dans ce monde !

Bon accueil au syndicat d'initiative qui téléphone au gardien du premier gîte. Nous allons au 8 à 8, oh la douille ! pas donné du tout ! on voit arriver le touriste ici ! Un petit tour à la laverie.

Gégé devant sa télévision.

Un brin de causette très agréables avec nos amis Françoise et Patrick qui ont pris place deux chambres plus loin et avec qui nous partageons la cuisine le lendemain matin pour le petit déj.

Enfin une bonne douche bien CHAUDE et un gros dodo dans de vrais lits.

5eme jour 14 juillet

Une autre douche avant de mettre notre packtage sur le dos. Bâtons aux poignés, nous gravissons les gros blocs jusqu'au col de Tortes.

Nous nous arrêtons de temps en temps pour regarder le balai des camping cars qui montent et descendent du col de l'Aubisque en quête du meilleur endroit pour voir passer le tour de France quelques jours plus tard.

Nous arrivons à la départementale qui coupe le GR. Ce dernier pique sec et longe la route dans le trou avant de remonter à l'autre bout du plateau.

A l'embranchement, un troupeau de vaches agacées par les nombreux randonneurs, piétinent. Vu que mon genoux me fait horiblement mal du au changement de temps prochain, nous décidons de ne pas les perturber d'avantage et prenons la route toute belle, toute plate. Un seul bémol à mon "bonheur" il y a deux tunels, dont un, bien long et bien noir qui m'oblige la lampe frontale. Panique, malgrè mes 12 kg sur le dos et un genoux douloureux, je me mets à courir pour sortir le plus vite possible de dessous la montagne, je n'en vois pas la fin. J'étouffe de peur. Bien évidemment ceci fera rire Gégé lorsqu'il le racontera. Les voitures et en particulier les motos enveniment ma peur par leurs bruits fracassants.

Voilà qu'en plus d'avoir le vertige, je suis claustro !

Que de cyclistes multicolores ! avec leur maillot, on a du mal à savoir s'il s'agit d'amateur ou bien de professionnel, Crédit Agricole, Bouygues... et j'en passe, ils se prennent vraiment au sérieux, mais à chacun sa passion.

Fin de la route, nous reprenons nos grimpettes sur les sentes de moutons jusqu'au col de Saucède.

Enfin nous apercevons le PIC DU MIDI de Bigorre.

Pause repas en face du col du Soulor, là aussi les camping cars se pressent sur le parking.

Dernière pause sympas rapide car les nuages montent vite et la pluie sera vite là. Après avoir traversé un attroupement de chevaux, les taons reprennent du services, comme le premier jour.

Gégé court pour fuir les bestioles, quand à moi, j'ai donné toute mon énergie sous le tunel, aussi je suis une proie facile. Mes jambes s'en souviendront longtemps.

Arrivée aux abords d'Arrens, nous décidons de biffurquer vers le village pour une bonne biere, puis vu le temps grisatre, nous prenons la sage décision de mettre fin à notre épopée.

Un coup de tél à Virginie et hop nous rentrons sagement dans nos pénates.

A l'année prochaine pour la suite du récit...

 



27/08/2010
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